Les secrets du savoir-vivre nippon » de June Fujiwara

Bonjour chers amis,

Aujourd’hui je vous présente un livre qui m’a gracieusement été offert par Les Editions de l’Opportun que je remercie chaleureusement.

Ce livre c’est « Les secrets du savoir-vivre nippon » de June Fujiwara

Sans faire durer le suspense, je peux déjà vous dire que j’ai profondément aimé ce livre. Il m’a fait comprendre ce que j’aime et ce qui m’attire tellement dans la culture japonaise. Et pour moi, c’est comme un retour aux sources qui fait du bien…

Résumé de la quatrième de couverture :

Née à Tokyo, June Fujiwara vit à Paris depuis une vingtaine d'années. Elle fait l'admiration de ses collègues français pour sa capacité de résistance au stress et à la violence du quotidien. Son secret ? Les 4 piliers de la sagesse nippone qu'elle vous propose de découvrir pour accéder, vous aussi, à une vie plus "zen".

Les notions de Mujo (éloge de l'impermanence), Wa (quête de l'harmonie), Wabi Sabi (beauté du dépouillement) et Okiyome (rituel de la purification) n'auront bientôt plus de secrets pour vous ! En les adoptant, vous combattrez vos angoisses, gagnerez en sérénité et en authenticité. C'est promis !

June Fujiwara partage les valeurs ancestrales qui font la force de vie du peuple japonais. Un voyage intérieur joliment illustré au cœur de "l'énigme zen".

QUI EST JUNE FUJIWARA ?

Au début de son ouvrage, l’auteure nous explique qu’elle est née à Tokyo et a passé une partie de son enfance en Angleterre, ce qui lui a permis d’être très tôt bilingue Anglais-Japonais. Vers 18 ans, elle est prise d’un inexplicable désir de vivre en France alors, que rien dans son entourage ne l’y encourageait.

Qu’à cela ne tienne, elle s’est mise à apprendre le français avec acharnement au point de gagner, lors d’un concours, un séjour linguistique en France. Là elle comprend qu’elle veut un jour écrire en français tant son amour de cette langue est viscéral.

En attendant de trouver « quoi écrire », elle s’installe à Paris, travaille dans l’artisanat de luxe et s’intègre parfaitement à sa vie désormais française. Vingt ans plus tard, elle qui pensait s’éloigner de ses origines japonaises avec le temps, finalement elle s’est rendu compte qu’elle était définitivement et irréductiblement Japonaise.

Comment en est-elle arrivée à ce constat ? C’est par le questionnement de ses collègues qui lui demandaient constamment comment elle parvenait à rester « zen ». Tout d’abord elle ne comprenait pas vraiment la question car le mot « zen », bien que japonais, n’a pas du tout le même sens dans la bouche d’un francophone.

En effet, le mot « zen », au Japon, renvoie à une branche du bouddhisme qui prône l’éveil par la méditation. Pour les locuteurs francophones, il n’y a aucune connotation religieuse, ce mot est plutôt synonyme de « calme », « tranquillité » et « sérénité » face à une situation difficile, stressante.

C’est après avoir compris ce questionnement chez ses interlocuteurs que June Fujiwara a décidé de partager sa « japonitude ». Voici comment est né cet ouvrage que j’ai eu le plaisir de lire, l’auteure ayant trouvé le sujet qu’elle écrirait en français…

QU’EST-CE QUE LA « JAPONITUDE », CE SAVOIR-VIVRE À LA JAPONAISE ?

Pour apporter sa réponse à cette question (sans prétendre qu’il s’agit de LA réponse), June Fujiwara nous présente 4 notions très importante dans la culture japonaise :

  • Le « mujô »
  • Le « wa » 
  • Le « wabi sabi » 
  • Le « Okiyome » 

L’auteure nous détaille ces notions afin que nous les comprenions bien et nous enseigne aussi comment nous pouvons les adopter et les appliquer dans notre vie quotidienne.

Ici, je ne vous résumerai que les très grandes lignes car je ne vais pas vous réécrire le livre de June Fujiwara. Je vous invite évidemment à vous procurer l’ouvrage afin d’en apprendre davantage et de pouvoir vous en imprégner à votre guise. Ce livre est vraiment très riche en explications et mon résumé ne leur rendrait pas justice.

1. MUJÔ : l’éloge de l’impermanence

Ce mot pourrait se « traduire par « Rien n’est éternel ». Il s’agit d’un concept bouddhiste qui enseigne que toute chose a un début et une fin, tout est en transformation permanente et tout est voué à disparaître un jour.

Il s’agit de vivre l’instant présent avec intensité car il est éphémère. On pourrait le comparer au « Carpe Diem » latin si on enlève le sens hédoniste que la modernité lui a ajouté erronément.

Le « mujô » comme l’expression « carpe diem » dans son tout premier sens philosophique, c’est une conscience aigüe que tout, y compris notre vie, a une fin et que cette mort peut intervenir à n’importe quel moment.

Plutôt que de combattre cet inéluctable, il convient de l’accepter et de composer avec.

2. WA : la quête de l’harmonie

Le « wa », c’est la valorisation du bien-être collectif, l’harmonie sociale. Le « seken » (opinion publique) est extrêmement important au Japon. Ainsi, « ce que vont penser les autres » a le même poids que ce que veut l’individu. Le bien-être du groupe prime sur la volonté de l’individu.

Il ne s’agit pas de renoncer à sa personnalité ni à sa créativité, loin de là. Il s’agit de pouvoir exprimer ce que l’on est, avec respect et humilité (kenson) sans abîmer l’harmonie sociale.

Le « kenson » est l’art de s’abaisser pour mieux valoriser l’autre. La vantardise n’a pas vraiment sa place au Japon…

Le « wa » (harmonie) est devenu, par extension, un mot qui représente le Japon. On parle par exemple de « washoku » (cuisine japonaise) par opposition au « yôshoku » (cuisine occidentale). Les exemples sont nombreux : « washitsu », « wagashi », « washi », etc.

3. WABI SABI : la beauté du dépouillement ainsi que l’éloge de ce qui est patiné par le temps

Le « wabi » renvoie aux notions de « sobriété » et « dépouillement ». C’est la capacité d’y déceler de la beauté et de la satisfaction spirituelle. C’est le contraire de l’amour du « strass et paillettes ».

Le « sabi », c’est le passage du temps et ce qui en découle. Il ne faut pas le traduire par des mots négatifs comme « décadence », « dégradation » ou « délabrement ». Ce mot évoque plutôt la beauté des choses qui portent la trace du temps.

L’expression « wabi sabi » évoque donc un état d’esprit serein, une capacité à trouver de la beauté et de la richesse dans la simplicité, l’authenticité et même l’imperfection.

4. OKIYOME : le rituel de la purification

Il y a une grande différence entre ce qui est considéré comme salissant l’âme chez nous et au Japon. Il convient donc de faire cette petite comparaison…

Pour les chrétiens, le « péché » est une transgression de la loi divine. Pour s’en laver, il s’agit de se repentir pour obtenir le pardon et la grâce de Dieu. On parle ici du « Bien » et du « Mal ».

Dans la religion shinto, typiquement japonaise, on ne parle pas de « péché » mais de « kegare » (souillure). L’âme des humains est un don des « kami » (dieux), c’est un bien vivant et brillant.  On parle ici du « Pur » et « Impur ».

Toute faute commise est comme une tâche à la surface de l’âme. Ce qui sépare les humains du kami, c’est cette impureté, cette souillure. Ce qui constitue ce « kegare », c’est tout ce qui dérange le « wa ». Pour s’en laver, il faut pratiquer l’« okiyome », le rituel de purification.

Par extension, au-delà de préserver la pureté de leurs âmes, les Japonais veillent à ce que leur environnement soit également propre. C’est la raison pour laquelle l’hygiène est si importante dans le quotidien au Japon, tant dans les maisons qu’à l’extérieur.

EN CONCLUSION

Il est très difficile d’aborder et de comprendre une autre culture, surtout quand elle si différente de la sienne. Y arrive-t-on seulement un jour complètement ? L’exercice, cependant, reste extrêmement enrichissant et on y gagne à apprendre et même, à adopter l’un ou l’autre élément des autres cultures. Cela permet de s’améliorer soi-même…

Cela m’a émue de constater que certains concepts que June Fujiwara nous explique tels que le « mujô » entrent en résonance avec mon ressenti personnel sur certains sujets. Grâce à elle, j’ai appris les mots adéquats pour le décrire.

J’ai également appris une multitude d’autres notions dont je n’ai pas parlé dans ce présent article. Tout est intéressant mais j’ai choisi de ne vous parler que des 4 notions clés pour ne pas être trop longue…

Je vous souhaite vraiment de pouvoir lire ce livre et de l’aimer comme je l’ai aimé… Après ça, vous saurez vraiment ce qu’est « être zen ».

Pour aller plus loin

Fiche technique du livre :

Titre : Les secrets du savoir-vivre nippon

Auteur : June Fujiwara

Editions : Les Editions de l’Opportun

Date de parution : Octobre 2021

ISBN : 978-2-38015-332-3

Nombre de pages : 232

A propos de l'auteur

Jennifer De la Rubia
Jennifer De la Rubia

Passionnée par le Japon et sa culture, le chant et la lecture. J’aime apprendre et partager mes découvertes

Une réflexion sur « Les secrets du savoir-vivre nippon » de June Fujiwara »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.