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Concert du Trio Kanade: à la découverte du shamisen

Le 25 octobre dernier, l’équipe de WalloNihon et moi-même assistions à un sublime concert du Trio Kanade et diffusé sur la page TV de l’Arboretum Studio.

Tout au long de cet événement, les instruments entrèrent en communion et nous offrirent un moment magique. Toutefois, lorsqu’Aki Sato entama se performance solo au shamisen, le temps sembla se figer… Telle une fenêtre ouverte sur le passé, je n’assistais plus à un concert mais à la transmission d’un héritage culturel, musical qui prend naissance dans des temps reculés…

Source : photo personnelle.

Mais pour le moment, laissons de côté l’histoire et concentrons-nous un instant sur le présent. Je vous invite à découvrir l’extrait vidéo ci-dessous, témoin de la maitrise technique d’Aki Sato.

Crédit vidéo: Arboretum Studio

Le shamisen est un instrument surprenant, n’est-ce pas ? Comme vous avez pu le constater dans cet extrait, Aki Sato utilise un plectre afin de gratter les cordes.

Simple en apparence, il est capable de produire une grande variété de notes différentes. Mais qu’est-ce qu’un shamisen ?

Un peu de vocabulaire…

Il existe plusieurs types de shamisen mais tous répondent à la même structure de base. De ce fait, nous pourrions le définir simplement comme un corps creux traversé par un manche et muni de trois cordes.

Shamisen réalisé par Takechi Matsukawa, 1891

Source : Takechi Matsukawa | Shamisen | Japanese | The Metropolitan Museum of Art (metmuseum.org) (Domaine public)

Entamons notre découverte par le corps de l’instrument, dô (胴). Celui-ci est composé de quatre pièces de bois issues de différentes essences : bois de santal rouge/kôki (紅木), bois de rose/shitan (紫檀) ou encore padoauk/karin (花梨). Chaque essence possède des spécificités qui peuvent influencer le son produit par le shamisen.

Dans l’article sur le koto, j’avais mentionné la présence de motifs sculptés à l’intérieur du corps et connus sous le nom d’ayasugi (綾杉). Il est intéressant de souligner que ces motifs peuvent également se retrouver sur la face interne du corps des modèles de shamisen destinés aux concerts. Motifs qui, rappelons-le, améliorent considérablement la tonalité de l’instrument.

Traditionnellement, la partie externe du corps est recouverte d’une peau de chat ou de chien, kawa (皮). La peau de chat, plus fine, offrirait un son plus léger alors qu’à l’inverse, la peau de chien, plus épaisse, donnerait un son plus lourd.

À la lecture de ces dernières lignes, certains pourraient trouver cette pratique condamnable mais c’est un débat sur-lequel je ne m’étendrai pas car ce n’est pas mon but. Néanmoins, notons qu’il existe des peaux synthétiques même si celles-ci offrent une tonalité nettement inférieure à celle des peaux naturelles. Toutefois, ces dernières sont notamment conseillées aux amateurs ou aux personnes qui ne souhaitent pas entrer dans un apprentissage approfondi du shamisen.

Pour protéger la peau des coups du plectre, bachi (撥), une pièce de peau, bachigawa (撥皮) est ajoutée sur la partie supérieure du corps. Enfin, une pièce de tissu mais qui peut aussi prendre la forme d’une coque laquée, le doûkake (胴掛け) recouvre un côté du corps pour protéger la peau et supporter la main qui tient le plectre lorsque la personne joue.

Source : Takechi Matsukawa | Shamisen | Japanese | The Metropolitan Museum of Art (metmuseum.org) (Domaine public)

Passons maintenant au manche du shamisen, sao (棹). La composition de ce dernier peut varier. En effet, il peut être réalisé en une seule pièce ou constitué un assemblage de trois morceaux de bois qui peuvent être désassemblés pour en faciliter le transport, permettre des réparations locales et réduire la déformation du bois. Tout comme le corps de l’instrument, l’essence utilisée pour la fabrication du manche va avoir un impact sur le son produit.

Classiquement, les trois cordes utilisées sur le shamisen sont en soie bien que des cordes en nylon existent également. Celles-ci sont attachées à un cordier, neo (音緒) fixé à l’extrémité inférieure du corps à l’aide de chevilles en bois ou en ivoire. La sommet du manche prend une forme incurvée appelée ebio (海老尾). Dans celui-ci, on retrouve un espace ajouré qui contient le cheviller, l’itogura (糸蔵). Les trois cordes sont enroulées autour de ce dernier et sont tendues sur le haut du manche par le biais de chevilles qui traversent la pièce de bois. Celles-ci portent le nom de itomaki (糸巻). Exercer un mouvement de rotation sur ces dernières permet de régler la tension des cordes.

Source : photo personnelle.

Apporter une modification à ces différentes pièces va avoir un impact considérable sur le ton et le son du shamisen. En outre, il existe de multiples combinaisons de pièces, cordes et plectres qui vont également produire les mêmes changements.

De surcroît, vous l’avez sûrement remarqué dans l’extrait vidéo mais à la différence d’une guitare, le shamisen ne dispose pas de frettes, les ligatures permettant de changer les notes avec une plus grande précision. Ce détail témoigne du haut niveau d’habileté nécessaire afin d’obtenir la hauteur spécifique des notes.

Au regard de ces éléments, le shamisen est simple en apparence mais d’une grande complexité. Sur la photo ci-dessous, vous pouvez retrouver les différents éléments que je viens de citer.

Légende :

  • 1 : Dô (胴)
  • 2 : Kawa (皮)
  • 3 : Bachi (撥)
  • 4 : Doûkake (胴掛け)
  • 5 : Sao (棹)
  • 6 : Neo (音緒)
  • 7 : Ebio (海老尾)
  • 8 : Itogura (糸蔵)
  • 9 : Itomaki (糸巻)

Retournons maintenant dans le passé et découvrons l’histoire de cet instrument dont les racines sont enfouies au-delà de l’archipel nippon.

Histoire

Bien que de nombreuses hypothèses entourent l’histoire du shamisen (三味線), son origine semble s’enraciner en Chine. Sous la dynastie Qin (221-206 aCn) apparut le Xiantao qui évolua progressivement vers ce que l’on appelle le Sanxian sous la dynastie Ming, entre les XIIIe et XIVe siècle. Cet dernier est très intéressant car il possède différentes similitudes avec le shamisen au travers notamment de sa forme générale et de la présence de trois cordes,  la caractéristique dont il tire son nom.

Sanxian, XIXe siècle

Source : Sanxian (三弦 ) | Chinese | Qing dynasty (1644-1911) | The Metropolitan Museum of Art (metmuseum.org) (Domaine public)

Il serait ensuite arrivé dans le Royaume de Ryûkyû, la région actuelle d’Okinawa, à la fin du XIVe siècle. À ce moment-là, l’instrument portait le nom de sanshin (三線), littéralement trois cordes ou encore jamisen (蛇味線), une référence à la peau de serpent qui recouvre le corps de l’instrument et que possède également son homologue chinois. Il arriva finalement dans le port de Sakai, près d’Osaka dans la seconde moitié du XVIe siècle avant d’évoluer progressivement et d’adopter, dans le courant du XVIIe siècle, la forme que nous lui connaissons aujourd’hui.

Une évolution notable se produisit entre le jamisen et l’instrument que l’on connait aujourd’hui. Celle-ci concerne la matière qui recouvre le corps de l’instrument. Comme je l’ai mentionné précédemment, le corps du shamisen est recouvert d’une peau de chat ou de chien mais il n’en fut pas toujours le cas puisque son ancêtre était recouvert d’une peau de serpent. L’explication est due à deux facteurs. Le premier fut la difficulté d’approvisionnement. Le second est en lien avec cette première explication car pour répondre à cette difficulté et dans une volonté d’amélioration, les japonais découvrirent que les peaux de chats et de chiens répondaient à cet objectif.

Sur la carte ci-dessous, vous pouvez voir le trajet parcouru par ce formidable instrument.

Source : monprof carte chine japon | patricia m | Flickr (Domaine public)

Mais son parcours ne s’arrêta pas là… Au fil du temps, il accompagna différents styles musicaux. C’est ainsi qu’il fut le partenaire idéal des chansons populaires mais il accompagna également le théâtre Kabuki, le bunraku et fut l’un des trois instruments composant le sankyoku : la réunion du shamisen, du koto et du kokyû, ce dernier étant un autre instrument à cordes et archet.

Il est temps de plonger à nouveau dans la musique d’Aki Sato et de découvrir ce qu’elle dissimule…

Tanuki

Elle nous emmena à la découverte d’une chanson intitulée Tanuki et qui est très représentative d’un autre style musical, le sakumono (作物). Mais de quoi s’agit-il ? Regardez la vidéo ci-dessous et vous pourrez en voir un aperçu.

Crédit vidéo: Arboretum Studio

Comme vous l’avez remarqué, Aki Sato accompagne son jeu avec un côté narratif qui est très présent dans ce style. Caractérisé par un contenu comique, ce genre musical n’en reste pas moins extrêmement difficile car il nécessite une diversité technique extrêmement riche.

En outre, le sakumono fait partie de ce que l’on appelle le jiuta (地歌) qui est un morceau de musique joué au shamisen et qui a vu le jour dans les régions de Kyôto et d’Osaka à la fin du XVIe siècle.

Notre aventure touche doucement à sa fin mais terminons sur une dernière note. Lors du concert, nous avons eu l’occasion de voir le parcours musical de chaque artiste et je n’ai pu m’empêcher de m’intéresser au parcours d’Aki Sato, Maitre de shamisen de l’École Nogawa (野川流). Cette dernière a été fondée par Nogawa Kenkô (… – 1717) entre les XVIIe et XVIIIe siècle. Durant sa vie, il édita 32 chansons et les transmit en tant que style Nogawa. Actuellement, il n’existe que deux écoles de jiuta dont l’école Nogawa qui perpétue la transmission de son fondateur.

À la lumière de ces informations, je pense qu’il n’est pas exagéré de dire qu’Aki Sato nous a offert bien plus qu’une performance, elle nous a permis d’entrer dans l’essence même de sa pratique musicale et nous a plongé au cœur même d’un héritage d’une valeur inestimable.

N’étant pas spécialiste de la musique traditionnelle japonaise, ce n’est pas un avis d’expert que je vous livre ici mais celui d’un passionné. Ainsi s’achève notre histoire qui, je l’espère, vous aura plu.

Je tiens à remercier le Trio Kanade et plus particulièrement Aki Sato ainsi que l’Arboretum Studio pour m’avoir permis de donner vie à cet article.

Je souhaite également remercier l’équipe de WalloNihon qui m’a soutenu dans son écriture, non sans peine.

Si vous souhaitez suivre ces artistes talentueuses, suivez les liens suivants :

Pour revoir le concert et découvrir le programme qui était proposé, une seule adresse, celle indiquée ci-dessous :

Immersion dans l’univers du Furoshiki

La fin d’année approche et tout doucement, un air de fête imprégnera l’air tandis que les vitrines se pareront de leurs plus belles décorations. Viendra ensuite le moment des cadeaux et à ce moment-là, nous aurons le choix de rivaliser d’ingéniosité afin de proposer des emballages originaux ou au contraire, d’opter pour la facilité et de nous reposer sur le savoir-faire des employés des différents magasins.

Si comme moi vous avez deux mains gauches, la solution de facilité est sans aucun doute celle que vous choisirez d’emblée.

Toutefois, j’ai eu la chance de découvrir une méthode originale, élégante et très écologique : le Furoshiki (風呂敷) qui n’est rien de moins qu’une technique traditionnelle de pliage et de nouage du tissu. D’ailleurs, ce terme désigne à la fois la technique que le tissu utilisé.

L’atelier

Après l’accueil chaleureux que nous a réservé Jacklyne, la fondatrice de Degrève’s Workshops, nous avons pu faire connaissance avec les autres membres du groupe tout en savourant de délicieux mochi accompagnés d’un thé excellent.

S’en est suivie une présentation très intéressante de l’histoire du Furoshiki avant d’entrer véritablement dans le vif du sujet. Nous avons pu nous essayer à différentes techniques et j’ai été agréablement surpris par Jacklyne qui n’a pas hésité à prendre le temps avec chacun, dépassant même la durée initialement prévue.

Sous ses enseignements, nous avons pu réaliser différents types de Furoshiki. De l’emballage simple en passant par celui à un nœud puis deux et en terminant par différents types de sacs. Il est intéressant de souligner qu’un syllabus nous a rapidement été envoyé par mail et contenant, entre autre, des mini-tutoriel.

L’apprentissage a-t-il fait ses preuves ? Comme tout apprentissage, il faut de la pratique. C’est ainsi que je me suis de nouveau exercer à plier, nouer le tissu mais un peu tardivement, je l’admets. Toutefois, voici le résultat. Alors, qu’en pensez-vous ?

Hirazutsumi (平包み)
Otsukaizutsumi (お使い包み)
Yottsumusubi (四つ結び)

Un peu d’histoire…

L’histoire du Furoshiki présente des zones d’ombre et il existe différentes hypothèses. Parmi les plus courantes,  son utilisation remonterait à l’époque de Nara, au VIIIe siècle. Il était alors employé pour protéger et transporter les objets de valeur comme les robes des prêtres, stockées encore aujourd’hui au Shôsôin (正倉院), le bâtiment utilisé pour conserver les trésors du temple Tôdai-ji (東大寺) de Nara. À ce moment-là, il portait le nom de Kesazutsumi (袈裟包み), Koromozutsumi (衣包み) ou encore Oozutsumi (大包み) et fonction du type d’objet à emballer.

C’est véritablement au cours de la période Edo, au XVIIIe siècle, qu’il prit le nom que nous lui connaissons actuellement. En effet, les kanji composant le mot Furoshiki peuvent être décomposés de la façon suivante : Furo (風呂), le bain et Shiki, du verbe Shiku (敷く), étendre. C’est ainsi que sous l’essor des bains publics, les japonais l’utilisait pour transporter leur nécessaire de toilette, leurs vêtements et s’en servait aussi comme tapis de bain.

J’espère que ce petit article vous aura plu.

Pour toute information complémentaire, je vous invite à suivre les liens ci-dessous.

Vous pouvez suivre Jacklyne via :

  • Instagram : @Degrevesworkshops

Vous pouvez également consulter son site Internet pour vous tenir informé de l’agenda des ateliers à l’adresse suivante : Degrève’s Workshops | Ateliers créatifs | (wixsite.com)

Interview de Francesco Serafini: Japan Film Festival de Bruxelles

Le rideau est sur le point de se fermer sur cette première édition du Japan Film Festival de Bruxelles… Toutefois, nous ne pouvions pas vous laissez partir sans vous proposez l’interview que nous a accordé Francesco Serafini, l’un des organisateurs de cet événement.

Sans plus attendre, voici le résultat de cette entrevue très conviviale et surtout très riche !

W : Quel est votre parcours ? Comment est né l’intérêt que vous portez au cinéma japonais ou, plus largement, à la culture japonaise ?

F : Je suis photographe de formation et de profession. J’ai eu l’occasion de collaborer comme photographe avec l’Institut de culture du Japon pour les 150 ans de l’amitié belgo-japonaise. Toujours avec ce même Institut, j’ai eu le plaisir de présenter mon travail lors d’un vernissage. En outre, il y a 5 ou 6 ans, l’Institut proposa des rétrospectives gratuitement. Grâce à cela, j’ai découvert de vrais bijoux, notamment une trilogie « Always – sunset on third street » qui est elle-même basée sur un manga.

F : Étant marié avec une citoyenne japonaise, j’ai eu l’occasion d’effectuer de nombreux voyages. Je suis également un cinéphile et sans fausse modestie, j’ai une grande connaissance du cinéma. Dans mon parcours, je me suis retrouvé au Bifff où j’ai fait la connaissance de Freddy et je lui ai exposé mon point de vue. En effet, on parle de cinéma coréen, chinois mais il n’y avait rien sur le cinéma japonais. Grâce au Bifff, j’ai pu rencontrer plusieurs metteurs en scène japonais et je me suis rendu compte qu’en Europe on ne connaissait que les grands maitres du cinéma japonais : Kurozawa, Mizoguchi, etc. mais qui peut me citer un grand nom du cinéma contemporain ?

W : Quels étaient les objectifs que vous poursuiviez au travers de ce festival ?

F : L’objectif principal était de faire de ce festival un événement familial et donc de montrer un énorme éventail des capacités cinématographiques japonaises.

F : Un second objectif était de mettre en avant de nouveaux metteurs en scène car le cinéma japonais continue d’évoluer même si près de 99% du cinéma japonais est basé sur des animés, des manga, comme l’exemple que je citais tout à l’heure. Le lien entre le cinéma et les manga est encore très présent.

F : Outre le cinéma, un troisième objectif était de montrer que la culture japonaise n’est pas que réservée aux citoyens japonais mais qu’il y un échange avec notre culture belge et que nous pouvons également l’intégrer.

W : Comment avez-vous mis en œuvre votre projet ?

F : Cela a été très difficile pour plusieurs raisons. Au début, tout se mettait en place progressivement, les sponsors étaient très réceptifs puis le Covid est arrivé et ils se sont retirés petit à petit. L’abandon progressif des sociétés qui souhaitaient nous soutenir m’a choqué. Ce qui nous a sauvé, ça été le soutien de Tour & Taxi qui nous a permis de raviver un sursaut d’intérêt mais le festival était déjà bien avancé. Bien que la Japan Fondation et la ville de Bruxelles nous aient subsidiés, nous avons dû investir des liquidités personnelles. F : La seconde difficulté fut le fait qu’il s’agissait d’une première édition et que cela suscitait une certaine méfiance.

W : Tout au long de votre projet, quels sont les aspects positifs que vous en avez retiré ?

F : Personnellement, j’ai beaucoup appris grâce à Freddy sur la mise en place d’un festival, les pièges à éviter.

F : Un autre point positif tient dans cette première édition. Il y a eu des erreurs et c’est donc l’occasion de les corriger pour la prochaine édition. En outre, j’ai beaucoup apprécié certaines collaborations que j’ai envie de maintenir pour le futur. Par exemple, l’équipe en charge de la gestion de Tour & Taxi car il faut le dire, le site est magnifique et pouvoir entendre les réactions du public lorsqu’ils entraient dans la salle en disant « Wouahh », ce fut gratifiant. F : J’ai eu la chance de voir énormément de films et l’ambassade du Japon en Belgique a été très satisfait de la programmation proposée lors de ce festival.

W : D’un point de vue organisationnel, quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ?

F : Le fait que ce soit une première édition. C’était une nouveauté, cela n’existait pas avant. À cela est venu s’ajouter le Covid. Maintenant, nous avons ouvert une porte avec ce festival et la refermer maintenant serait un gâchis phénoménal.

F : Un autre point est que nous étions deux organisateurs et avec le recul, cela fut une difficulté hors norme.

W : Nous avons assisté aux activités mais par moment, nous avons été choqués par le manque de respect de certaines personnes.

F : Le cyclisme, c’est très bien mais certains cyclistes n’ont pas du tout été respectueux, c’est vrai. Tour & Taxi et moi-même en avons discuté et avons décidé de bien corriger cette erreur pour la prochaine édition.

W : Si c’était à refaire, quels changements apporteriez-vous changeriez-vous ?

F : J’aimerais raccourcir la prochaine édition et la ramener à une durée de 5 jours incluant un week-end. J’aimerais également inclure une thématique pour canaliser toute l’énergie japonaise et pour répondre à cette volonté d’échange entre le Japon et la Belgique/l’Europe. Ainsi, j’ambitionne de développer la cuisine l’année prochaine. À première vue, cela pourrait passer pour un sujet passe-partout mais que connaissons-nous en Europe de la cuisine japonaise ? Les sushi, les sashimi… Je pense que l’on ne connait que 10% de la cuisine japonaise.

F : Le festival mettra en parallèle films récents et vieux films et ces derniers seront consacrés à la cuisine. Par exemple, il y a « Tampopo » de Itami Juzo qui est un magnifique film et dans lequel on peut découvrir plusieurs acteurs qui ont connu un grand succès par la suite ! 

F : Mon fils de 7 ans m’a également soufflé une idée que j’ai envie de réaliser : une compétition de mangeur de sushi. En Europe, cela n’existe pas alors que ça pourrait être génial ! Il y a énormément de possibilités !

W : Voudriez-vous vous exprimer sur un autre sujet ?

F : Je pense qu’il faut connaitre ses pairs, connaître les grands maitres du cinéma japonais mais il ne faut pas oublier ses contemporains.

F : À côté de la seconde édition de ce festival, j’ai l’intention de créer un Pokemon Day en février 2022. Cela n’existe pas non plus ! Cela se fera à Tour & Taxi avec projection de films Pokemon, échange de cartes, etc…

F : La seconde édition est déjà en route et j’ai plusieurs idées. J’aimerais monter deux autres sections : les court-métrages et les documentaires en mettant en parallèle la vision japonaise et européenne. Par exemple, une heure de court-métrage européen ou belge sur la vision du Japon et inversement. Je pense que cela serait très parlant pour mettre en avant les échanges entre nos deux cultures.

F : Mon but maintenant est de réunir une équipe de passionnés, de personnes qui ont envie de faire un festival tout en liant la culture et le marketing qui, je le pense, sont tout à fait conciliables.

W : Merci pour le temps que vous nous avez accordé. L’équipe de WalloNihon ne manquera pas de suivre avec la plus grande attention la prochaine édition.

Si le cinéma japonais vous passionne et que vous souhaitez vous investir dans cette seconde édition, n’hésitez pas à prendre contact avec notre équipe qui ne manquera pas de relayer vos souhaits !

Vous pouvez également trouver plus d’informations sur la page Facebook du festival et son compte Instagram.

Facebook: Japan Film Festival Brussels | Facebook

Instagram: japanfilmfestivalbrussels

Si vous souhaitez découvrir les trailers des œuvres cinématographiques citées lors de cette interview, n’hésitez pas à consulter les liens ci-dessous.

Découverte du film « Hokusai » au Japan Film Festival in Brussels

Cher Lecteur,

Nous n’arrêtons pas de te parler du Japan Film Festival à Bruxelles et des activités culturelles autour de celui-ci mais on ne t’a pas encore présenté de film ! Voici donc le film que j’ai eu le bonheur de découvrir pour sa première diffusion en Europe : Hokusai.

Et pour commencer, voici un bref rappel de qui est Hokusai en quelques périodes-clé…

Autoportrait de Hokusai sous les traits d’un vieillard (1840-1849)
Encre de chine et sanguine sur papier • RMN-Grand Palais (MNAAG, Paris) / Thierry Ollivier

Katsushika Hokusai (葛飾 北斎), qui se surnomme lui-même « Vieux Fou de dessin » est un peintre, dessinateur et graveur. Il est né dans la province Edo (qui deviendra Tokyo) en 1760 de parents qui nous sont inconnus. Il fut adopté très jeune par un oncle, fabricant de miroirs en bronze. Dès l’enfance, le petit Tokitarô Kawamura de son vrai nom, montra des aptitudes certaines pour le dessin.

Il commence sa formation artistique vers 16 ans dans un atelier de xylographie. Dès 1778, il se forme auprès de Katsukawa Shunshô, peintre d’estampes ukiyo-e et portraitiste d’acteurs de kabuki. En hommage à celui-ci, le futur Hokusai adopte son premier pseudonyme d’artiste « Katsukawa Shunrô ».

A la mort de son maître (1792) et suite à un désaccord avec son successeur, Hokusai quitte l’atelier Katsukawa. S’ensuit une période de sa vie où il vit pauvrement et illustre notamment des romans bon marché pour assurer sa survie.

En 1794, il continue sa formation grâce à une école plus classique ayant pour maître Tawaraya Sôri. Au décès de celui-ci, il utilisera ce nom pour créer un autre de ses pseudonymes les plus connus « Sôri »

A partir de 1796, il forge son style personnel bien qu’influencé par l’art de la Chine et de l’Occident de par les Hollandais (seuls autorisés à commercer avec le Japon à cette époque). Fidèle de la secte bouddhique « Nichiren », il adopte le fameux nom qu’on lui connaît le mieux : « Hokusai » (ce nom signifie : Atelier du nord) en hommage à Bodhisattva Myôken, l’incarnation de l’étoile polaire.

En 1814, le premier tome de ses Hokusai Manga est publié, il y en aura 15 au total. Notons qu’il est l’inventeur de ce mot « manga » que l’on peut traduire par « dessin libre ». Les Hokusai Manga sont un recueil de ses croquis concernant divers sujets (plantes, animaux, personnages, scènes de vie, etc.). Ces ouvrages donnent une idée intéressante de la vie à cette époque.

L’artiste atteint l’apogée de son art à partir des années 1830 et suivantes. C’est à cette époque qu’il engendre ses estampes parmi les plus connues : « Les 36 vues du Mont Fuji », « Les remarquables vues des ponts de différentes provinces » ou encore « Les cascades des différentes provinces ».

Hokusai meurt en 1849 après une carrière impressionnante où il réalisa une quantité vraiment considérable de dessins et peintures (environ 30.000 !). Ses dernières paroles sur terre furent : « Si le ciel m’avait accordé encore dix ans de vie, ou même cinq, j’aurais pu devenir un véritable peintre. ».

Différentes identités…

Faisons une parenthèse sur les principaux pseudonymes d’artistes qu’il utilisa au cours de sa carrière (il en aurait utilisé plus d’une centaine au total !) :

  • Katsukawa Shunrô (1778-1794),
  • Sôri (1794-1798),
  • Katsushika Hokusai (1798-1810),
  • Taito (1811-1819),
  • Iitsu (1820-1834),
  • Gakyô Rojin Manji (1834-1849)

Postérité…

Hokusai influença de nombreux artistes européens, en particulier Gauguin, Vincent van Gogh, Claude Monet et plus largement le mouvement artistique appelé japonisme.

Il inspira également beaucoup de créations artistiques tournées sur sa personne telles des mangas, des films, une quantité immense de livres dédiés, etc.

Quelques œuvres :

Illustrations de livres, collection du MET Museum
Transmettre l’esprit, révéler la forme des choses: Hokusai Manga, volume 5
collection du MET Museum
Transmettre l’esprit, révéler la forme des choses: Hokusai Manga, volume 11, collection du MET Museum
La grande vague de Kanagawa (神奈川沖浪裏) souvent appelé simplement « La vague » est issue de la série « Les 36 vues du Mont Fuji » et est sans doute l’œuvre la plus connue en Occident (image dans le domaine public)
Le Fuji par temps clair, aussi appelé « Fuji rouge » ( 凱風快晴) est également une œuvre issue de la série « Les 36 vues du Mont Fuji » (image dans le domaine public)
Pont Yahagi à Okazaki sur le Tokaido (諸國名橋奇覧 東海道岡崎矢はぎのはし), œuvre issue des « Remarquables vues des ponts de différentes provinces »
(image dans le domaine public)
La cascade de Kirifuri sur le Mont Kurokami dans la province de Shimotsuke
(image dans le domaine public)

Et maintenant que nous avons grossièrement brossé le portrait du génialissime Hokusai, revenons à ce film qui lui est consacré

Affiche du film

Détails :

Réalisation : HASHIMOTO Hajime

Scénario : KAWAHARA Len

Casting : YAGIRA Yûya (Hokusai jeune), TANAKA Min (Hokusai vieux), ABE Hiroshi (Tsutaya Juzaburo), KAWAHARA Len (Oi, Fille de Hokusai) NAGAYAMA Eita (Tanehoko Ryutei), entre autres

Production : Len Kawahara (Stardust Pictures / SDP Inc)

Distribution: Free Stone Productions Co., Ltd.

Découvrez le trailer sous-titré en français ici :

Il y a même un site internet officiel où vous trouverez beaucoup d’information concernant ce film. Pas de problème de compréhension car, en plus de la langue japonaise, ce site est traduit en français, anglais et chinois. Cliquez ICI.

Synopsis sur le site officiel du Japan Film Festival:

18ème siècle, ère Edo : un jeune artiste impécunieux dans le centre-ville. Il est minable et vit au jour le jour avec l’argent qu’il gagne en vendant ses tableaux dans les rues. Un jour, un éditeur populaire le découvre et l’amène à libérer son potentiel … Mais le shogunat d’Edo interdit bientôt les divertissements et son talent risque de le mener à l’échafaud …

Petit résumé personnel :

Le personnage, jeune, semble plutôt imbu de lui-même et peu agréable à fréquenter. Bien que très productif, il éprouve des difficultés à vivre de son art mais il persévère.

L’éditeur d’estampes populaires Tsutaya Juzaburo chez qui Hokusai cherche à vendre ses estampes le met à l’épreuve. Il pousse le jeune artiste dans ses retranchements pour lui faire prendre conscience de la raison pour laquelle il peint.

Il faudra attendre un événement tragique où Hokusai a failli perdre la vie pour que celui-ci comprenne enfin l’essence de son art.

Hokusai se lie d’amitié avec Tanehoko Ryutei dont il illustre les livres. Cet homme, bravant l’interdit du shogunat, écrivait des romans malgré son statut de samouraï. Il le paiera d’ailleurs de sa vie.

Malgré la perte de son ami et malgré l’attaque d’apoplexie dont il a survécu avec quelques séquelles, Hokusai continuera coûte que coûte à peindre…

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé ce film que j’ai trouvé très intéressant et instructif quant à cette période de l’histoire du Japon. On y apprend les rigueurs imposées par le shogunat sur la production artistique et les sanctions infligées, jusqu’à la condamnation à mort ! Il en fallait du courage pour rester un artiste entier, ne rabotant pas son inspiration pour convenir à la loi !

Concernant le personnage principal, on y découvre un Hokusai comme un être humain avec ses défauts et ses doutes et non pas seulement comme le génie qu’il est devenu ensuite. Cela le rend plus proche du spectateur même s’il paraît imbuvable dans sa jeunesse…

On y voit le cheminement d’un homme qui se cherche lui-même et qui ne se lasse pas de travailler encore et encore afin de s’améliorer et atteindre le sommet de son talent. Cette persévérance est touchante et aussi, très encourageante.

Sincèrement, ce film biographique est vraiment très inspirant et je vous conseille de le regarder au cinéma dès que l’occasion se (re)présentera. C’est pour des perles comme ce film que je suis si heureuse que le Japan film festival à Bruxelles ait vu le jour. Quelle belle initiative !

Merci pour cette découverte culturelle !

Pour visiter le site du Japan Film Festival in Brussels, c’est par ici : https://www.jffb.org/

Et pour la page Facebook, c’est ici: https://www.facebook.com/Japanfilmfestivalbrussels

Jennifer pour Wallonihon

Concerts au Japan Film Festival de Bruxelles

« Par une sereine nuit de lune, sans un nuage, la vue de la surface calme de la mer éveilla chez le Prince le souvenir des étangs familiers de son ancienne demeure, et une indicible nostalgie l’envahit pour tout ce qu’il avait laissé, mais seule l’île d’Awaji s’offrait à son regard. Évoquant le poème :

de l’île d’Awaji

à l’écume pareille

la poignante beauté

dévoile et mon émotion la nuit de lune limpide

Il tira de son étui la cithare que depuis longtemps il n’avait touchée, et le voyant effleurer les cordes d’un air absent, ses compagnons furent saisis d’une tristesse inquiète. Et quand il interpréta, en entier et de toute son âme, le morceau intitulé Kôryo, cette musique qui parvenait à la maison de l’orée des collines, mêlée au froissement des pins et au bruit des vagues, dut pénétrer jusqu’au cœur la sensible jeune personne. » [1]

Dans cet extrait issu du chapitre XIII du « Genji Monogatari » et intitulé « Akashi », le Prince Genji se remémore les souvenirs, la musique de la cour à Kyoto et se console en jouant de ce magnifique instrument qu’est le koto (琴).

Akashi (Akashi) from Tale of Genji (Genji Monogatari)

Source : Chester Beatty, Akashi (Akashi) from Tale of Genji (Genji Monogatari), [En ligne] https://viewer.cbl.ie/viewer/image/J_1038_13/54/ (Page consultée le 17 octobre 2021).

C’est par cette brève introduction que Jennifer et moi-même souhaitions vous immerger dans un univers musical qui nous incite à la rêverie. Lors du « Japan Film Festival » de Bruxelles, nous avons eu la chance d’assister à deux concerts. Le premier mit en scène deux musiciennes de koto dont Aki Sato tandis que le second nous offrit de belles sonorités supplémentaires de par la présence de deux autres artistes : Yuina Takamizo au saxophone et Tokuko Kakiuchi au piano. Toutes les informations supplémentaires concernant ces trois artistes sont présentes en fin d’article.

Au fait, le koto, de quoi s’agit-il ?

L’origine du koto est sujet à différentes hypothèses mais la plus courante précise que cet instrument aurait été introduit de Chine au Japon durant l’époque de Nara (710-794). Initialement joué dans la vie de la cour à Kyôto, celui-ci disparut dans les turbulences de la période de Kamakura (1185-1333). Bien qu’il soit très difficile voire impossible de redécouvrir la musique originelle de la cour de Kyôto, la littérature classique nous offre divers témoignages éblouissants de cet instrument. Il fallut alors attendre la période Edo et plus précisément la seconde moitié du XVIIe siècle pour que celui-ci puisse connaître une véritable renaissance.

Il se compose de deux pièces de bois assemblées. La première est le corps creux, faisant office de caisse de résonance. La seconde est une planche qui va couvrir le fond. Ces deux parties sont taillées dans du bois de paulownia et l’assemblage final mesure entre 125 et 180 cm de longueur. C’est un bois très intéressant qui a souvent été utilisé dans l’art japonais. En effet, il varie très peu, que ce soit au niveau de son expansion, de sa contraction ou de sa fissuration. En outre, il est léger et peut être facilement travaillé.

À cela s’ajoutent deux particularités qui vont déterminer la qualité du koto. Comme je viens de le préciser, l’instrument est taillé dans le bois. Toutefois, un instrument de qualité présentera toujours à sa surface des motifs circulaires provenant des anneaux de l’arbre. Moins visible mais tout aussi important, des motifs spéciaux sont sculptés à l’intérieur du koto pour en améliorer la tonalité. Ceux-ci portent le nom d’ayasugi (綾杉). Il existe différentes sortes de motifs allant du plus rare et du plus prestigieux au plus courant. Ces différents motifs déterminent également la valeur du koto.

Le koto est accompagné d’un vocabulaire spécifique dont voici quelques exemples :

1. Iso (磯) : le côté du corps du koto.

2. Ryûkaku (竜角): Pièce située à l’extrémité du corps et qui supporte les cordes.

3. Ryûzetsu (竜舌) : Élément situé à l’extrémité droite de l’instrument et qui présente une forme de langue. Cette pièce peut être réalisée dans différentes matières et décorée.

4. Ji (柱) : Sortes de chevalets mobiles dont les rôles sont de maintenir les cordes mais également de régler la longueur de la vibration de ces dernières en les déplaçant sur le corps. 5. Gen (弦): Terme qui désigne tout simplement les cordes en soie ou plus couramment en nylon désormais.

6. Unkaku (雲角) : Désigne la partie du koto la plus éloignée de la zone où les cordes sont jouées.

7. Ryûbi (竜尾) : Extrémité arrière du corps.

Ce ne sont là que quelques que quelques exemples liés aux différentes parties d’un koto. Toutefois, vous aurez peut-être remarqué un détail intéressant, la répétition du kanji Ryû (竜), dragon et qui souligne certaines parties. Cela fait référence à une légende selon laquelle la forme de l’instrument provient de celle d’un dragon accroupi.

Le koto moderne compte 13 cordes mais initialement, celui-ci était composé de 5 cordes. Cela dit, il est possible d’en rencontrer munis de 17, 20, ou 25 cordes. Michio Miyagi (1894-1956), l’un des plus célèbres compositeurs pour cet instrument, est l’inventeur du koto à 17 cordes et en a même créé un comportant 80 cordes mais cet unique exemplaire n’est plus utilisé depuis.

Pour jouer, le musicien pince les cordes avec 3 plectres enfilés à sa main droite (pouce-index-majeur) et les doigts nus de sa main gauche. Il peut aussi gratter les cordes, les frapper ou les frotter. La table elle-même peut produire des sons de percussion. Cet instrument aux allures simples mais avec un maniement complexe offre décidément beaucoup de possibilités.

Notre ressenti

Le mariage du koto, du saxophone et du piano fut enchanteur. Chaque artiste apporta son talent au service d’un concert de toute beauté. Pour les amoureux de la musique japonaise que nous sommes, ce fut une très belle découverte ! Elles ont ainsi réussi à enchanter ce dimanche après-midi avec leur délicieuse musique.

Néanmoins, nous regrettons le manque de respect de certains spectateurs qui étaient véritablement incapables de garder le silence pour profiter de ces belles mélodies. De plus, le lieu étant un endroit de passage très fréquenté, les conditions n’étaient pas optimales pour savourer pleinement la musique en raison du flot continu de passants.

Malgré cela, les prestations de ces musiciennes furent remarquables, quel professionnalisme ! Nous imaginons aisément que ce contexte dut leur demander un effort considérable de concentration afin de fournir, malgré tout, un travail musical de qualité !

Les voir jouer dans des conditions habituelles de concert doit être une expérience magnifique qu’on attend de pouvoir vivre avec impatience ! Toutefois, réjouissons-nous car ce lundi 25 octobre à 20h, ce trio sera à nouveau réuni pour nous offrir un concert en ligne ! Vous trouverez tous les détails de ce concert ci-dessous.

Vous pouvez suivre les différentes artistes via leur page personnelle :

Aki Sato :

  • Facebook : @Koto&Shamisen AKI SATO

Yuina Takamizo :

  • Facebook : @yuinatakamizosaxophoniste
  • Instagram: yuinatakamizosaxophone

Le trio réuni via la page Facebook : @triokanade

Lien vers le concert prévu le 25 octobre 2021 : (1) Trio KANADE *** Live Concert Streaming @ArboretumStudio | Facebook

[1] SIEFFERT R. (2008). Le Dit du Genji illustré par la peinture traditionnelle japonaise du XIIe au XVIIe siècle. Paris : Diane De Seilliers,  p. 351.

Démonstration de kimono au Japan Film Festival in Brussels

Konnichiwa,
Il est temps de vous parler de ce que nous avons découvert avec beaucoup de plaisir lors des activités culturelles organisées autour du Japan Film Festival in Brussels.


Il y a beaucoup de choses à dire et c’est pourquoi nous avons pris la décision, Sébastien et moi, pour ces articles à 4 mains, de vous présenter une activité à la fois.

Pour commencer, celle pour laquelle nous avons fait le déplacement : la démonstration de Kimono avec Madame Hiromi Fujiwara avec l’aide du CISM.be. Vous trouverez toutes les données de contact à la fin de l’article.

Une chose est sûre, on n’a pas du tout regretté d’être venus ! Cette démonstration de kimono était vraiment instructive et intéressante, sans parler de la beauté des tissus…


Je tiens à souligner que les Japonaises venues donner les explications, pendant que madame Hiromi s’affairait, ont fait l’effort de présenter à la fois en français et en néerlandais. Cela m’a beaucoup touché car cela démontrait une volonté de rendre l’art de porter le kimono accessible au plus grand nombre !


Sans plus attendre, voyons ensemble quelques informations générales si vous le voulez bien…


Tout d’abord, le mot « kimono » signifie « quelque chose que l’on porte [sur soi] » et désigne un vêtement en forme de T avec des manches tombantes que l’on noue à la taille au moyen d’une ceinture « Obi ».

Historiquement, l’étude du terme de « kimono » est très intéressante. En effet, Madame Nagasaki Iwao, dans l’Introduction du livre intitulé « Kimonos » et paru aux éditions « La bibliothèque des Arts » en 2015, nous dit ceci : « Le terme « kimono » apparait pour la première fois dans les sources documentaires du XIIIe siècle.

Il se réfère alors à l’habillement en général, plutôt qu’à un type particulier de vêtement. Pendant la période Momoyama, le mot figure dans les rapports des missionnaires portugais pour décrire la forme et l’apparence spécifique, suggérant qu’à ce moment-là, le kimono était devenu synonyme de « Kosode ».

Mais qu’est-ce qu’un « Kosode » (小袖) ? Il s’agit d’un terme générique qui désigne tous les vêtements longs fabriqués avant l’ère Meiji (1868-1912) et qui signifie littéralement « petites manches », renvoyant aux ouvertures relativement étroites pour le passage des mains et des bras. De ce fait, il ne fait pas référence à la longueur de celles-ci.

Son emploi remonte à la période Heian et était porté par l’aristocratie comme vêtement de dessous. La mode vestimentaire évolua au fil du temps et le « kosode » incarna le reflet des changements politiques d’une société en mouvement pour devenir petit à petit le principal vêtement extérieur utilisé dans toutes les couches de la société à partir du XVIe siècle.

Comme l’auteure de l’extrait le souligne, on assiste à un glissement de signification entre les termes de « Kosode » et de « Kimono ». Elle poursuit en précisant « Mais c’est véritablement au cours de la période Edo que l’emploi de ce dernier se généralisa ». Au vu de ces informations, il existe donc une filiation directe entre ces deux notions.

Autrefois vêtement quotidien des Japonais, il n’est plus porté, malheureusement, que pour les occasions, les fêtes, les moments solennels, etc. C’est pourquoi, c’est si important de le (re)découvrir !

Bon à savoir…

Précisons que, contrairement à notre habitude occidentale, le mot kimono ne doit pas être confondu avec le nom des vêtements utilisés pour les arts martiaux (judôgi, karategi,…).

Il est important de savoir qu’il faut impérativement mettre le pan de tissu gauche par-dessus le droit ! Le contraire est réservé aux personnes défuntes…

Kimono ou Yukata?

N’étant pas habitués, nous, Occidentaux, pourrions facilement confondre le kimono et le yukata qui sont pourtant bien différents !

Le kimono est fait dans un tissu précieux, généralement de la soie et richement décoré. Il se porte obligatoirement par-dessus un sous-vêtement nommé « nagajuban » qui a pour mission de protéger le kimono de la transpiration entre autres.

D’ailleurs, on l’aperçoit au niveau du col, c’est la doublure blanche sous le beau tissu du kimono.

Avec le kimono, on porte également des tabi blanches (chaussettes avec une séparation entre le gros orteil et les autres) et des geta (sandales en bois avec une lanière passant entre le gros orteil et les autres). Le kimono est porté pour des occasions formelles.

Le yukata, en revanche, est un vêtement décontracté, généralement en coton qui se porte sans « nagajuban » ; les tabi ne sont pas obligatoires.

Pour encore un peu corser l’histoire, sachez qu’il y a plusieurs sortes de kimono mais nous n’allons pas toutes les détailler ici. Retenons déjà celles-ci :

  • Kurotomesode : kimono noir avec des motifs uniquement sous la taille, réservé aux femmes mariées. Utilisé pour les occasions très formelles.
  • Tomesode : Kimono d’une autre couleur que le noir avec des motifs uniquement sous la taille, réservé aux femmes mariées. Utilisé pour les occasions formelles
  • Furisode : Kimono aux motifs plus colorés, ayant de plus longues manches, réservé aux femmes célibataires et jeunes (avant la trentaine). Utilisé pour les occasions formelles
A gauche : yukata – A droite : kimono furisode

Arrêtons-nous un instant sur les motifs décoratifs. Reconnaissez-vous la fleur ci-dessous ? Il s’agit de l’espèce considérée comme la reine des fleurs, la pivoine, « Botan » (牡丹).

Emblématique du printemps, ces pétales créent une impression de grande dignité et de prospérité.

C’est bien beau tout ça mais comment le porte-t-on, ce kimono ?

Grâce à Hiromi-san et ses amies du CISM.be, on a vu à quel point c’est technique et précis de revêtir un kimono. Voyez plutôt :

Notez le Kurotomesode porté par Hiromi-san

Elles nous ont expliqué que la silhouette idéale pour que le kimono tombe bien est une silhouette cylindrique.

Pour cette raison, on attache des essuies à la taille de cette jeune dame pour combler le creux naturel à ce niveau. On utilise des cordons pour bien les fixer, il ne faudrait pas qu’ils tombent !

A l’étape suivante, on ferme le nagajuban en prenant bien soin de croiser le pan gauche au-dessus du droit. On utilise de longues et fines bandes de tissu pour bien le fermer.

Il est temps de mettre le kimono proprement dit. Notons que le tissu est trop long et arrive au sol. C’est tout à fait normal, cela permet d’ajuster le vêtement à la hauteur de la personne qui le porte.

Pour se faire, on utilise de nouveau de longues bandes de tissus, deux pour être exact. Une par-dessous pour ajuster la hauteur et une par-dessus pour bien maintenir le tissu et que le tout ne s’ouvre pas.

Remarquons les très belles fleurs de cerisier qui ornent ce kimono.

Du fait de sa durée de vie éphémère, elle est souvent comparée aux samouraïs qui étaient prêts à mettre leur vie en péril pour leur maître, ce qui en fait donc un important symbole de loyauté.

Dans les représentations artistiques, les fleurs de sakura ressemblent à s’y méprendre aux fleurs de prunier mais la différence la plus facilement reconnaissable est que la fleur de cerisier présente un léger retrait au centre de chaque pétale, tandis que les pétales de la fleur de prunier sont parfaitement ronds. Maintenant, vous ne pourrez plus vous tromper 😉

Reprenons notre premier mannequin pour voir la dernière étape de l’habillage avec le kimono : la mise en place de la ceinture obi et de son noeud à l’arrière.

On utilise un obi-makura, petit coussin (ici en vert pâle) afin de donner du volume au noeud de l’obi et aider à le maintenir. On termine en nouant l’obijime (dans les mains de Hiromi-san), un cordon décoratif en soie. Il termine joliment la tenue et maintient en place l’obi.

Voici le noeud de l’obi terminé. C’est beau n’est-ce pas?

Pour aller plus loin…

Il faut beaucoup de savoir-faire pour réussir à bien mettre en place le kimono et nouer joliment l’obi.

Hiromi-san donne d’ailleurs des cours pour enseigner cela et se fait un plaisir de partager ainsi sa culture. Qui parmi vous voudrait assister à l’un de ces cours ?

Si vous êtes intéressé(e)s par le sujet des kimono, voici quelques liens pour pouvoir prendre contact avec Hiromi-San ou ses amies du CISM.be:

Instagram de Madame Himori: https://www.instagram.com/kimono_madamehiromi/?hl=fr

Boutique de Madame Himori sur Instagram: https://www.instagram.com/lartdukimono/?hl=fr

Compte Facebook de Madame Himori: https://www.facebook.com/hiromi.fujiwara.902

Boutique de Madame Himori sur Facebook: https://www.facebook.com/search/top?q=l%27art%20du%20kimono

Page Facebook du CISM.be:

https://www.facebook.com/cism.be

Explore Japan

Nos réunions en ligne thématiques

Retrouvez-nous dès ce vendredi 14 août à 20H00 via notre page Facebook pour la présentation de notre nouvelle activité.

Régulièrement nous nous retrouverons pour débattre autour d’un thème, présenter un projet, une expérience de vie ou de voyage au Japon.

Ce sera l’occasion pour chacun(e)s d’entre nous de rencontrer d’autres passionne(e)s de cette culture.

Ce vendredi 14 nous vous présenterons au cours de la soirée :

  • L’ASBL WalloNihon.
  • Sa mission
  • Les membres qui la compose
  • Les différentes activités
  • L’implication des membres au sein des activités
  • Le futur de WalloNihon et les différents projets à venir

Pour une gestion optimale de cette réunion nous vous invitons à vous inscrire via notre page Facebook.

Le lien d’accès à la réunion sera communiqué aux participants.

Le Shōgi

Le Shōgi (将棋) est un jeu traditionnel japonais. Il se joue à deux au tour par tour.

Le tablier (plateau de jeu) se compose de 9 cases sur 9 de couleur uniforme.

Comme aux échecs le but est de capturer le roi adverse. Pendant la partie, vous pouvez « parachuter » une pièce capturée ou la promouvoir. Ce qui augmente la difficulté mais aussi les variations dans le déroulement du jeu.

Ses origines

Cousin du jeu d’échec tel que nous le connaissons le Shōgi est aussi très ancien. Ses origines remontent au VI siècle dans le nord de l’Inde ou le Sud de la Chine. Les échanges commerciaux entre la Chine et le Japon au VIII siècle le jeu apportent le jeu à Nara et puis Kyoto.

Au XVI siècle, le Japon décide de s’ouvrir au monde extérieur après 400 années d’isolement. Pendant ce laps de temps, des écrits ont fixé les règles du jeu. Les règles du jeu sont restées figées depuis.

Les fédérations de shōgi

La Fédération Japonaise de Shōgi à été fondée en 1947.

Elle gère les calendrier des tournois professionnels et se composes d’hommes. C’est la JSA (Japan Shogi Association).

Une ligues féminine séparée existe. La LPSA (Ladies Professional Shogi-players Association of Japan).

La fédération européenne de shōgi (FESA) chapeaute 19 fédérations nationales. Elles tiennent le classement des joueurs et joueuses à jour.

Pour différencier les niveaux il existe un système de grades comme en karaté. Ceux-ci s’échelonnent du 20 kyū à 1 kyū puis de 1 dan et au-delà.

Les classements professionnels et amateurs sont distincts.

Les règles

Elles sont relativement simples. Contrairement aux échecs traditionnels la possibilité d’utiliser une pièce capturée à l’adversaire augmente ajoute des difficultés et des combinaisons stratégiques infinies.

Pour les règles du jeu la page Wipédia ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Shōgi ) en français dédiée est un bon départ.

Où jouer en Belgique

Il existe trois clubs à Bruxelles, Liège et Leuven.

  • Shogi Dojo Bruxelles – tous les lundi soirs à partir de 19H30 au café ludique Outpost Gamecenter situé rue de la Tribune n°8, 1000 Bruxelles.
  • Passerelle-Japon – tous les mercredi soir de 19h30 à 22h30, au « Pixels Café », Rue du Mery 14, 4000 Liège.
  • A Louvain – un jeudi sur deux, à partir de 20h, au « Café Sport », Martelarenplein 13, 3000 Leuven (face à la gare).

Vous souhaitez découvrir par vous même ce jeu encore plus rapidement alors rendez-vous en ligne via les sites (en anglais) :

Notre événement

Ce vendredi 28 février, l’événement « initiation au shogi » dispensé par Passerelle-Japon, WalloNihon et le support de la Fédération Belge de Shogi aux 3D Board Games Café à Namur à donné à plusieurs personnes l’occasion de comprendre les bases du jeu.

Ce type d’activités vous intéresse ?

Faites-le nous savoir !

Nos activités à venir

Depuis le début de sa création, WalloNihon à proposé différentes activités.

Des ateliers de confection d’origamis, des ateliers cuisine Japonaise, des sorties en convention, des soirées rétro-gaming, des initiations artistiques…

Cette année, de nouvelles activités vont s’ajouter…

Voici les activités possibles :

  • Rencontres à thème entre passionné(e)s du Japon sur Namur et Charleroi.
  • Atelier de cuisine Japonaise
  • Espace étude manga
  • Sorties en groupe (visite de musées, conventions, jardin Japonais, expositions, concerts, cinéma…)
  • Rétro-gaming
  • Ateliers (dessin, origami ou autres)

Nous communiquerons via cette rubrique, l’agenda et nos autres médias sociaux.